Depuis plusieurs années, un travail collectif se construit à l’échelle de l’arc alpin pour mieux reconnaître, préserver et transmettre les savoirs alimentaires liés aux territoires de montagne. Cette dynamique a pris une nouvelle dimension avec la candidature du programme « Patrimoine alimentaire alpin : programmes de sauvegarde portés par les communautés » pour son inscription au Registre des bonnes pratiques de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Dans ce cadre, l’Association Française des professionnels de la Cueillette de plantes sauvages (AFC) a choisi de rejoindre cette démarche et de déposer sa contribution en tant qu’acteur engagé dans la sauvegarde et la transmission des savoirs liés aux plantes sauvages.
Une reconnaissance des savoirs vivants des territoires alpins
Le patrimoine alimentaire alpin ne se résume pas à des produits ou à des recettes. Il repose avant tout sur des savoirs, des gestes et des pratiques transmis par les communautés : pastoralisme, agriculture de montagne, transformation alimentaire, cuisine traditionnelle… et bien sûr cueillette de plantes sauvages.
Ces pratiques constituent une véritable culture du territoire, façonnée par l’observation du vivant, la connaissance des cycles naturels et une relation étroite entre les habitants et leur environnement.
Dans les Alpes comme ailleurs, la cueillette sauvage fait partie de ces savoirs écologiques locaux qui contribuent à la diversité des patrimoines alimentaires.
La cueillette sauvage, un savoir-faire à préserver
Depuis sa création, l’AFC œuvre pour structurer et transmettre les savoirs liés à la cueillette de plantes sauvages, tout en accompagnant l’évolution contemporaine de cette activité.
La reconnaissance du patrimoine alimentaire alpin constitue une opportunité importante pour rappeler que la cueillette sauvage est :
- une pratique culturelle ancienne,
- un savoir écologique fondé sur l’observation et l’expérience,
- et une activité qui nécessite aujourd’hui une gestion responsable des ressources naturelles.
À travers ses actions, l’AFC défend l’idée que la cueillette peut être un modèle de relation durable entre les communautés humaines et les milieux naturels.
Une démarche collective portée par les acteurs de terrain
L’une des spécificités de cette candidature UNESCO est de mettre en avant des programmes de sauvegarde portés par les communautés elles-mêmes.
L’AFC contribue à cette dynamique à travers plusieurs initiatives structurantes :
- la diffusion du Guide des bonnes pratiques de cueillette, devenu une référence pour les cueilleurs professionnels et les acteurs des filières de plantes aromatiques et médicinales ;
- l’organisation de rencontres professionnelles de cueilleurs, qui permettent de partager les expériences de terrain et de réfléchir collectivement aux enjeux de la filière ;
- des actions de formation et de sensibilisation autour de la gestion durable des ressources végétales ;
- la participation aux Rencontres du Patrimoine Alimentaire Alpin, notamment à Sisteron (2023) et Grenoble (2025), qui favorisent les échanges entre chercheurs, producteurs, institutions et acteurs de terrain.
Ces initiatives témoignent de la volonté de l’association de faire évoluer la pratique de la cueillette tout en préservant les savoirs qui la fondent.
Pourquoi cette démarche est importante pour l’AFC
En participant à cette candidature, l’AFC souhaite :
- faire reconnaître la cueillette sauvage comme un élément du patrimoine alimentaire alpin,
- valoriser les savoirs des cueilleurs et cueilleuses,
- renforcer les coopérations entre les acteurs alpins,
- et partager les expériences de terrain qui contribuent à une gestion durable des ressources végétales.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans les valeurs portées par l’association : transmission des savoirs, responsabilité écologique et coopération entre les acteurs des territoires.
Une étape dans un travail de longue durée
L’inscription au Registre des bonnes pratiques de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ne constitue pas une finalité en soi. Elle représente plutôt une étape dans un travail collectif de longue haleine, visant à renforcer les réseaux d’acteurs et à partager les expériences de sauvegarde.
Pour l’AFC, cette candidature est avant tout une occasion de rendre visible le travail mené depuis plusieurs années par les cueilleurs et cueilleuses pour préserver les ressources sauvages et transmettre leurs savoirs.
Et surtout, de rappeler que la cueillette sauvage n’est pas seulement une activité économique : c’est une relation vivante entre les communautés humaines et les plantes qui habitent leurs territoires.



