Synadiet 2026 : l’AFC porte la voix des cueilleurs et des cueilleuses auprès des entreprises de compléments alimentaires

Le 15 septembre 2026, à Angers, l’AFC participait à la table ronde de la journée annuelle du Synadiet, le syndicat national des compléments alimentaires. Elle a alerté sur les effets du changement climatique et défendu un meilleur partage de la valeur entre les cueilleurs et les entreprises.

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Une table ronde réunissant l’amont de la filière

Organisée au Centre d’affaires Terra Botanica et réservée aux adhérents du Synadiet, cette journée comprenait une table ronde intitulée « Une filière protéiforme au service des consommateurs ». Émilie Pascal, coordinatrice de l’AFC, y a pris la parole aux côtés de :

  • Pierre Cajelot, membre du bureau du Syndicat Simples ;
  • Ellen Bouty-drouet, directrice de l’Interprofession Plantes Actives ;
  • Laurent Martineau, président de l’Iteipmai et administrateur du SNPAMI ;
  • Christophe Desailly, Directeur général de Botanic’all.

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Cueilleur, un métier exigeant et méconnu

On imagine souvent la cueillette comme une activité simple, accessible à tous. Elle demande en réalité des savoirs nombreux concernant la botanique, l’écologie, la réglementation, les techniques de prélèvement et de conservation, la gestion, la commercialisation… 

Au moins 1 500 professionnels exercent cette activité en France. Certains vendent en direct, d’autres approvisionnent des entreprises d’extraction, des grossistes ou des metteurs en marché. Tous dépendent de l’état des milieux naturels et de l’accord des propriétaires, car on cueille toujours chez quelqu’un.

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Changement climatique : les cueilleurs en première ligne

Depuis des décennies, les cueilleurs voient la floraison et la fructification se décaler et les fenêtres de cueillette se raccourcir. Depuis une dizaine d’années, le phénomène s’accélère : 9 des 10 années les plus chaudes enregistrées en France sont postérieures à 2010.

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Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles :

  • en 2024, 80 % de mortalité des pieds de thym dans certains secteurs de l’Aude ;
  • des sites de lavande fine presque plus exploitables depuis deux ans dans certains secteurs ;
  • cette année, des espèces qui n’ont pas achevé leur cycle et n’ont pas pu être récoltées ;
  • des friches, souvent sites de cueillette, broyées par des communes pour prévenir les incendies.

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Or 80 % des plantes cueillies en France n’ont jamais été cultivées. La cueillette sauvage est donc indispensable à la diversité des plantes d’origine France disponibles pour toute la filière.

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Partager la valeur, une condition pour la pérennité de la filière

Les cueilleurs doivent aussi faire face à la hausse des charges, notamment du carburant, et à la concurrence de filières à bas coût. Côté entreprise, le prix reste le critère dominant pour beaucoup d’acheteur. Cette posture entretient l’opacité sur les conditions de cueillette et favorise le recours à des cueilleurs non formés.

Un chiffre résume le déséquilibre. Pour l’ortie, le kilo de plante sèche se vend environ 4,50 € au cueilleur, contre près de 150 € TTC pour le produit fini, soit un rapport de 1 à 28 (étude FranceAgriMer/Stratys, juin 2026).

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L’AFC a donc rappelé la responsabilité de l’aval. Choisir l’origine France doit aller avec une juste rémunération du cueilleur, sinon cet argument, souvent marketing, perd sa cohérence. Ce n’est pas seulement une question d’éthique : sans amont pérenne, les entreprises s’exposent elles-mêmes à des ruptures d’approvisionnement.

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Côté réglementation pour les espèces cueillies, l’AFC a signalé des listes d’espèces trop anciennes et des arrêtés préfectoraux parfois sans cohérence nationale. Elle a aussi présenté un chantier en cours : le ministère de la Transition écologique élabore une feuille de route dédiée à la cueillette commerciale, dans le cadre de la Stratégie nationale biodiversité, avec l’AFC comme partenaire.

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Quelle filière dans 10 ans ?

Si rien ne change, la pression climatique et économique risque d’appauvrir les cueilleurs, de rendre le métier moins attractif et d’accroître la dépendance à des filières étrangères ou opaques. Elle risque aussi d’accentuer la pression sur des populations de plantes déjà fragilisées.

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L’AFC défend une autre voie :

  • des réseaux d’approvisionnement éthiques, traçables jusqu’au cueilleur ;
  • une valeur équitablement répartie entre tous les maillons ;
  • un métier reconnu, dont on peut vivre dignement ;
  • une origine France qui soit plus qu’un argument marketing ;
  • une cueillette intégrée à la préservation des espaces naturels, en partenariat avec leurs gestionnaires, et reconnue comme une ressource pour les territoires ruraux.
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Pour conclure, Émilie Pascal a voulu dépasser les questions techniques et économiques en invitant les acteurs de cette filière à changer de regard. En effet, les plantes ne sont pas seulement des ressources à exploiter, à gérer ou à préserver pour nos usages. Ce sont des êtres vivants, en interaction avec d’autres. Les cueilleurs le savent et l’expérimentent chaque jour dans leur pratique. Ce rapport sensible au vivant fonde leur éthique de cueillette. Et si l’avenir de la filière commençait par là, s’inspirer de l’expérience des cueilleurs et regarder le monde autrement ? 

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Nous remercions le Synadiet pour son invitation et pour ce riche temps d’échange entre les différents maillons de la filière.

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