Famille Plantaginacées

Les Véroniques

(Veronica spp.)

Speedwell

Dans la plupart des livres de botanique, vous trouverez les véroniques dans la famille des Scrofulariacées, avec les molènes et les scrofulaires. Mais comme beaucoup d’autres genres de cette famille (linaires, digitales, globulaires, etc.) elle a rejoint depuis peu la famille des Plantaginacées, la famille des plantains ! Cela raconte une histoire intéressante, à savoir que ce sont plutôt les plantains qui ont perdu leurs pétales dans l’évolution pour se spécialiser dans la pollinisation par le vent, alors que les autres genres de la famille sont restés intimes avec les insectes pollinisateurs.

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Le genre Veronica compte plus de 200 espèces réparties dans le monde entier dans les régions à climat tempéré ou en montagne dans les zones tropicales.

Véronique mouron d'eau (Veronica anagallis-aquatica L.) - ©Catherine Mahyeux

En France, il en existe une bonne cinquantaine d'espèces, adaptées à des milieux très divers : des milieux agricoles secs (V. polita) à une vie les pieds dans l'eau (V. scutellata, V. anagallis-aquatica, V. beccabunga), des milieux ouverts aux milieux forestiers, de la plaine jusqu'à 3 000 mètres d'altitude (V. fruticans par exemple). Cette diversité d’adaptation en fait un très bon modèle pour comprendre l’évolution du caractère pérenne ou annuel en fonction du milieu. L’ancêtre commun des véroniques était probablement pérenne, et le caractère annuel serait apparu indépendamment chez de nombreuses espèces en réponses aux conditions difficiles du milieu.

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Ce sont des plantes de petite taille (40 cm maximum pour les plus hautes), à feuilles généralement opposées. Selon les espèces, elles peuvent se tenir très droites, ou bien être presque rampantes. Certaines espèces forment des tapis couvrant de vastes étendues une vaste étendue ou bien être aussi rare que quelques pieds par-ci par-là.

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Les fleurs peuvent être de couleur blanche, bleue, violette, ou lilas. Elles sont petites et possèdent 4 pétales (dont 1 souvent plus petit que les autres) et 4 ou plus rarement 5 sépales (Veronica teucrium L. et Veronica prostrata L.). Les sépales peuvent être glabres ou poilus, ce qui est un des indicateurs permettant l'identification. Les 2 étamines sont très saillantes, le style est filiforme et le stigmate, petit, en forme de massue. Le fruit est une capsule aplatie ou globuleuse souvent en forme de cœur…

Véronique germandrée (Veronica teucrium L.) - ©Catherine Mahyeux
Véronique Petit-chêne (Veronica chamaedrys L.) - ©Catherine Mahyeux
Véronique des champs (Veronica arvensis L.) - ©Catherine Mahyeux

Les véroniques tiendraient leur nom du macédonien "Beronikê" (Bérénice,« qui porte la victoire »), transformé en Veronica sous l’influence du latin, vera icon, "vraie image", apparaissant dans la légende de sainte Véronique. Par compassion, Véronique, une femme pieuse habitant Jérusalem, aurait donné son voile à Jésus-Christ afin qu'il s'essuie le front en route vers le Golgotha. Il accepta et lui rendit son voile avec l'image de son visage incrustée. La similitude des fleurs de véronique avec un visage (les 2 anthères figurant les yeux) aurait inspiré l’association à cette légende. Le voile en question aurait ensuite guéri l'empereur Tibère de la lèpre en lui apposant ce linge sur le corps. La véronique officinale fut d’ailleurs utilisée en application sur les plaies des lépreux ce qui lui a donné son autre nom d’"herbe aux ladres". Sainte Véronique est la patronne des lingères et des photographes.

Véronique à feuilles de Serpolet (Veronica serpyllifolia L.) - ©Catherine Mahyeux

Les trois espèces les plus cueillies de manière commerciale en France sont :

  • la véronique officinale (V. officinalis), longtemps utilisée à la place du thé et portant ainsi le nom de "Thé du Nord" ou "Thé d'Europe",
  • la véronique des ruisseaux ou cresson de cheval (V. beccabunga), médicinale mais aussi comestible : les fleurs et les jeunes pousses peuvent être consommées cuites ou crues et possèdent un goût de cresson amer,
  • la véronique petit-chêne (V. chamaedrys), aux fleurs bleu foncé, également médicinale et parfois utilisée comme espèce d’ornement.
Sources pour cet article :

https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9ronique_(plante)

http://www.libertalia.org/jardin/fleurs/la-fleur-veronique.html

Flore de Coste

Flora Gallica - Flore de France - Biotope Editions

https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9ronique_(christianisme)

Flore forestière française

Wang J.-C., Pan B.-R. et Albach D. C. (2016). Evolution of morphological and climatic adaptations in Veronica L. (Plantaginaceae). Peer J, 4, e2333.