Approche sensible

Au-delà des connaissances et de l’expérience de chaque professionnel de la cueillette, la dimension sensible de leur rapport au végétal apparaît comme un élément essentiel qui guident les gestes et les décisions de chacun. Par sensible, nous entendons tout ce qui touche au sens, à la perception de ce qui nous entoure, mais également ce qui touche à la sensibilité de chacun et à ses représentations du monde.
Cet aspect sensible, souvent invisibilisé, est pourtant un aspect fondateur de l'éthique du cueilleur dans une pratique quotidienne ancrée dans une interaction avec les plantes et leurs milieux.Pour donner à comprendre cette dimension, les cueilleuses et cueilleurs de l'AFC accompagnés de chercheurs se sont lancés dans son exploration pour la mettre en mot.


Les séminaires PlantCoopLab
La première étape de cette exploration a été rendue possible par le collectif de chercheurs Plantcooplab qui nous ont accompagnés pour une première traduction de cette dimension à travers les paroles de cueilleurs recueillis lors d'un premier séminaire les 10 et 11 décembre 2023 ayant réuni une trentaine de professionnels. Leur synthèse a été partagée et discutée lors d'un second séminaire les 29 et 30 janvier 2025.
Il ressort de ces échanges 6 axes thématique autour du sensible dans la pratique de la cueillette :
- Collaborer et coopérer avec les plantes
- Sensibilité et empirisme sensible
- Refonder une appartenance au monde
- De l'appropriation aux communs : comment partager le territoire ?
- Des sentinelles des plantes et des milieux


Séminaire de Salagon
Du 2 au 4 oct. 2025, Fabienne Gilbertas et Emilie Pascal ont représenté l’AFC au séminaire d’ethnobotanique de Salagon avec une intervention intitulée "Cohabiter avec le sauvage : la cueillette encadrée comme dispositif éthique de rencontre végétale".
Cette présentation a été l’occasion de présenter l’avancement de nos réflexions autour d'une pratique de la cueillette éthique, encadrée par un ensemble de dispositifs, comme le guide ou la charte, qui constitue le socle d'une possible "diplomatie du vivant".
La plante étant dès lors pensée et perçue comme un partenaire relationnel et non plus comme un simple objet à exploiter. La posture du cueilleur devient alors celle d'un médiateur, acteur de la cohabitation, s'inscrivant dans une gouvernance partagée avec les territoires.

