Le Pin Sylvestre
Le Pin Sylvestre

Pinus sylvestris L. est un gymnosperme, de la famille des Pinacées. C'est l'espèce de pin la plus commune en France, où il existe partout (sauf en Corse et dans le Sud-Ouest) entre 400 et 2000 mètres.
Lien sensible
Le pin sylvestre est ma première cueillette de la saison. C'est lui qui ouvre le bal des bourgeons.
En général, la neige est encore là, mais la terre se réchauffe déjà, avec de grandes congères par endroits.
Je cueille par temps sec. Ce sont des journées de silence, la montagne est encore déserte en cette saison. Les pins découpent sur le paysage des silhouettes superbes, comme en apesanteur dans une danse avec le vent. J'aime le rougeoiement de leurs branches, et la rondeur de leurs bourgeons. Ils sont comme des bonbons. J'en prends souvent un sous la langue et je laisse fondre son parfum de poivre et d'agrumes. Ils ne sont pas difficiles à cueillir. Ses aiguilles regroupées par deux dans une gaine, légèrement vrillées et assez courtes, ne blessent pas.
Avec le pin, je fais du macérat de bourgeons, du sirop et de la tisane. J'ai également créé une confiture « la poire sylvestre » au parfum de grand air, mais longue à la préparation.
D'un point de vue instinctif et spirituel, le pin sylvestre est l'arbre ressource dans les cas de tristesse ou de convalescence, de poids sur la poitrine, d'émotions restées bloquées depuis les sinus jusqu'aux bronches. Son port altier, ses teintes rouge et ocre, son parfum puissant montrent qu'il est la force au milieu de la désolation. Il a cette capacité de faire table rase pour ramener la vigueur et la vie, quelles que soient les circonstances.

Botanique
C'est un conifère sempervirent dont la taille peut atteindre 40 m. Certains ont un port élancé et un tronc rectiligne, d'autres ont un port tortueux avec de fortes branches et un houppier étalé donnant un bois de qualité médiocre souvent impropre au sciage.
Où le trouver
Le pin sylvestre n'est pas exigeant et très adaptable. Il n'est pas sensible au froid et résiste assez bien aux périodes de sécheresse. Il pousse sur presque tous les types de sols, mais préfère les textures sableuses, caillouteuses ou rocheuses. C'est un arbre de pleine lumière (héliophile), pionnier sur les espaces dénudés ou de déprise agricole. La seule chose qu'il n'apprécie pas est la concurrence herbacée au sol ou le manque de lumière.
Dans les Alpes, on peut le trouver jusqu'à 2000 mètres.
Feuilles
Les feuilles ont des limbes aciculaires, comme la plupart des gymnospermes. Ce sont donc des aiguilles, regroupées par deux, les plus courtes des pins (2 à 6 cm) et tordues sur elles-mêmes. Elles sont portées par un court brachyblaste recouvert de feuilles écailleuses. Leur couleur est caractéristique de cette espèce de pin : vert grisâtre, glauque (vert-bleu).
Écorce
Elle est facilement identifiable par le changement de coloration observable entre le bas du tronc de couleur brun rougeâtre et le haut du tronc et les branches de couleur ocre à saumon. L'écorce jeune s'exfolie en rhytidomes écailleux et minces.
Cônes
Ils sont petits, 3 à 5 cm et pointus lorsqu’ils ne sont pas ouverts. Rattachés au rameau par un court pédoncule, leurs écailles peuvent présenter un aspect crocheteux.
Sa reproduction
Cet arbre voyage. Aux alentours du mois de mai, les cônes mâles ovoïdes, jaunes, parfois rougeâtres, produisent un abondant pollen appelé « pluie de soufre » qui va voyager avec le vent. Chaque grain de pollen est équipé de deux petits ballons remplis d'air qui le font voler encore plus longtemps (anémochorie). Le pollen va féconder un cône femelle qui, une année plus tard, va libérer des graines ailées. Celles-ci vont à leur tour voyager avec le vent, le plus loin possible. C'est ainsi que cet arbre peut coloniser le premier des endroits inhospitaliers.
Légendes et traditions
Autrefois, on brûlait des rameaux de pin sylvestre au moment du solstice d'hiver, dans le but de purifier la maison et de revigorer l'esprit.
Avoir chez soi des branches toujours vertes durant la mauvaise saison était un symbole de protection pour la famille.
Á la Saint-Jean, au moment où les pignons mûrissent, il était conseillé de ramasser ses pommes de pin pour s'assurer fertilité et fécondation.
Dans le sud de l'Europe, on utilisait également les aiguilles de pin pour chasser les mauvais esprits. On brûlait les aiguilles accompagnées des bourgeons sur des réchauds en fer non étamé pour renverser les sorts. La sciure de bois répandue dans la chambre d'un malade avait la réputation d'améliorer ses chances de guérison.
Article rédigé par Amélie Piérès
Dictionnaire visuel de botanique, Maurice Reille
Dictionnaire visuel des arbres et arbustes communs, Maurice Reille
Arbres et arbustes, Vaclav Vetvicka
Site CNPF Occitanie
Site bosquetsauvage.com



