Photo du cueilleur

Territoire de cueillette

Haute-Savoie et Savoie

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AB

Gamme de plantes

30 à 40 plantes cultivées et 10 à 15 en sauvage. ⅔ de culture et ⅓ sauvage.

Organisation

travaille en indépendante, accueille des stagiaires et un saisonnier d’avril à octobre (21h/semaine)

Circuits de vente et débouchés

vente directe, laboratoires, vente à des restaurateurs, événementiel et CE

Gamme de produits

plantes sèches en vrac, gamme alimentaire (tisanes, sels et aromates), gamme de gemmothérapie en cours de création

Statut social

chef d’exploitation

Statut juridique

Entreprise individuelle

Activités complémentaires

animation d’ateliers

Je suis basée en Haute-Savoie, je connais très bien ce territoire où j’ai grandi et où je passais beaucoup de temps dehors, dans le ruisseau au fond du jardin ou dans la forêt du Mont Baret. Ma grand-mère avait aussi une roseraie magnifique et mon père a été fleuriste à une période de sa vie. Les plantes sont les odeurs de mon enfance. Je travaille dans les plantes depuis 2017, je produis essentiellement des plantes sèches à partir de mes cultures et de mes cueillettes sauvages. Ma formation initiale en gestion/communication était très éloignée des PAM mais pour moi il a toujours été important que je sois dehors ou en lien avec la nature. Après plusieurs années de travail au Canada, je suis rentrée en Haute-Savoie et ce sont plusieurs rencontres qui m’ont mise sur le chemin des simples. J’ai commencé à travailler pour un jardin de recherche de plantes destinées à la cosmétique. Je me suis sentie à ma place les mains dans la terre en lien avec le végétal. Puis j’ai commencé à me former (école d’herboristerie ARH, CFPPA) et je me suis installée. La contrainte de mon terrain biscornu peu propice à la culture m’a amenée à la cueillette sauvage. Aujourd’hui, c’est celle qui me nourrit le plus intérieurement.
Pour être cueilleur, il faut développer ses sens, le sens visuel bien sûr pour cueillir la plante au moment juste mais aussi l’odorat, l’écoute, le toucher. Quand on recherche de nouvelles stations on doit être sensoriellement en alerte car ils sont des indicateurs de biotope : l’eau qui s’écoule dans des zones marécageuses. On sait aussi qu’une odeur de plantes est un repère pour annoncer la présence d’une autre, car elle annonce un milieu et son cortège floristique. Il faut aussi savoir créer du lien sur son territoire : aller à la rencontre des habitants, agriculteurs, forestiers qui ne connaissent pas nos métiers, leur expliquer, respecter leur travail. Il se crée alors une boucle vertueuse, on me prévient quand les plantes sont prêtes, ils attendent que je cueille pour faire passer les bêtes, et je ne récolte pas certaines fleurs pour les ruchers.
 
Pour moi l’AFC permet de créer du lien entre les cueilleurs isolés, et même si on ne se voit pas ça fait du bien de se savoir fédérés et unis. Elle met également en valeur nos pratiques et explique nos contraintes auprès des institutions. L’AFC me permet aussi de nourrir mes réflexions dans mon lien avec les plantes sauvages et dans ma pratique professionnelle.
 
La reine des prés est une plante que j’adore. Elle a une grande pluralité d’usages, et j’aime l’utiliser à la maison en pâtisserie. J’aime aussi la cueillir, elle demande beaucoup d’attention car on doit récolter ses fleurs à la main et au bon stade de récolte afin qu’elle conserve ses parfums au séchage. C’est une cueillette lente, sensuelle qui nous connecte vraiment à son essence et au moment présent.

Propos recueillis et mis en forme par Clarisse Le Bas